1960 – Jacques Dessange, dans son salon du 37, avenue Franklin D. Roosevelt essayant l’un de ses modèles de perruques sur une cliente © Giancarlo BOTTI/GAMMA RAPHO

Né à Souesmes en Sologne en 1925, Hubert Jacques Dessange est passionné par la coiffure dès son plus jeune âge. Très tôt, il assiste son père dans son salon : il apprend d’abord à raser, puis à réaliser les coupes pour homme et les tailles de barbe, avant d’aider son père à la coiffure pour dame, à 13 ans seulement.

En 1945, alors âgé de 20 ans et une fois son certificat d’étude en poche, il part pour la capitale. S’il travaille dans un premier temps dans les salons pour homme, c’est la coiffure pour dame qui le passionne.

Anecdote : Au cours de la première année, il se fera renvoyer de 12 salons successifs en raison de son manque de technique dans la coiffure pour dame.

C’est finalement le célèbre coiffeur Louis Gervais qui lui donne sa chance en 1947, et le rebaptise Jacques (de son deuxième prénom) Dessange. Il l’envoie travailler pour une saison dans son salon de Trouville. Dès cette époque, l’esprit visionnaire de Jacques Dessange se manifeste. Il souhaite libérer les femmes des coiffures crêpées et des crans plaqués de l’après-guerre. Faisant de son manque de technique un atout, il innove en mettant plus de mouvement dans ses coupes. Lorsque la gérante du salon lui demande pourquoi, il répond : « Une coiffure vit, madame. Lorsqu’une femme bouge la tête, ses cheveux doivent suivre. »

À son retour à Paris, il se constitue une clientèle huppée, et devient rapidement le coiffeur vedette du salon Louis Gervais rue Bassano, dans le 8e arrondissement. De rencontre en rencontre, il coiffera, dès la fin des années 40, les mannequins des grandes marques de mode, de Dior à Carven, en passant par Chanel.

Anecdote : Il est tellement demandé au salon qu’il coiffe parfois jusqu’à 25 femmes par jour quand ses collègues n’en coiffent qu’une quinzaine chacun.

Jacques Dessange le sait : il doit travailler vite et bien s’il veut garder son statut de coiffeur vedette. Pour autant, il ne se précipite pas avec ses clientes, et montre pour chacune d’entre elles la même attention. Il voue une grande admiration aux femmes et elles le lui rendent bien, n’hésitant pas à faire la queue plusieurs heures pour enfin pouvoir passer entre les doigts de la star du moment.

« Il n’y a pas de femmes laides, seulement des femmes dont on n’a pas encore révélé la beauté. » Jacques Dessange

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